Différences de genre et santé mentale en milieu policier : une revue de la littérature
Résumé
La population policière est régulièrement exposée à des évènements à potentiel traumatique. Elle est de ce fait plus à risque de développer divers troubles de santé mentale. La présence féminine ne cesse de croître à travers les organisations policières canadiennes, bien que les femmes demeurent minoritaires. Même si la prévalence de certains troubles de santé mentale varie en fonction du genre dans la population générale, peu d’études s’y intéressent dans la population policière. Pour ces raisons, il est primordial d’acquérir une compréhension approfondie des différences de genre dans le contexte de la santé mentale policière. La présente revue narrative vise à faire état des connaissances empiriques en ce qui a trait aux différences de genre en contexte de santé mentale policière. En somme, la littérature scientifique suggère que les hommes et les femmes présentent des profils cliniques distincts. Par exemple, les femmes policières sont plus à risque de développer des troubles anxieux et dépressifs. Les hommes policiers, quant à eux, ont plus de chance de développer un trouble lié à l’usage de substance. La documentation scientifique suggère également des résultats partagés quant au trouble de stress post-traumatique. En effet, les policières semblent davantage user de stratégies d’adaptation positive et s’appuyer sur leur soutien social, qui s’avèrent être d’importants facteurs de protection. Cet article permet d’approfondir la compréhension des différences et similitudes entre le vécu des hommes et des femmes policiers, outillant les personnes cliniciennes à mieux dépister certaines difficultés et à adapter leurs interventions cliniques afin de soutenir le bien-être de ces travailleurs.