La mentalisation chez les policiers : un levier pour la santé mentale et la qualité des pratiques

Auteurs-es

  • Julie Maheux
  • Marie-Ève Cadieux
  • Annie Gendron
  • Andrée-Ann Deschênes

Résumé

Les policiers évoluent dans un milieu exigeant, marqué par des interventions fréquentes auprès de populations confrontantes ou vulnérables. La prise rapide de décisions sous pression les expose à des conséquences importantes, autant pour leur santé et leur sécurité que celles des citoyens. Ces défis professionnels, bien qu’inhérents à leur métier, peuvent mener à une détérioration de leur bien-être psychologique et affecter la qualité de leurs pratiques. Pour relever ces défis, de solides compétences interpersonnelles, cognitives et émotionnelles sont essentielles pour se protéger des risques du métier et pour favoriser des décisions et des interventions adaptées à chaque situation. La mentalisation, c’est-à-dire la capacité à détecter, se représenter et interpréter les états mentaux sous-jacents aux comportements de soi et d’autrui, constitue une compétence particulièrement importante dans ce contexte. En milieu policier, la mentalisation permettrait aux agents de maintenir une distance adéquate face à des situations à forte charge émotionnelle, tout en demeurant engagés et empathiques. Ceci favoriserait donc un équilibre qui permettrait d’éviter la réactivité et, ultimement, d’améliorer l’efficacité des interventions. Cet article présente une perspective théorique et conceptuelle sur le rôle de la mentalisation chez les policiers. Il propose un modèle exploratoire écosystémique qui considère cette habileté à la fois comme facteur de protection de leur santé psychologique et comme un levier pour améliorer leurs interventions auprès des populations vulnérables. Ce modèle vise également à orienter les équipes policières et les instances décisionnelles vers une considération accrue de cette compétence dans la formation et les pratiques professionnelles.

https://doi.org/10.7202/1126763ar

Publié-e

2026-07-21